Maxime Durand
Maxime Durand, cofondateur de Biodemain

Maxime Durand, cofondateur de Biodemain, pouvez-vous décrire votre parcours et votre entreprise ?

Nantais de souche et installé à Lille depuis quelques années, je suis depuis longtemps passionné d’écologie, d’entrepreneuriat social et de sport nature.

De formation commerciale et ingénieure, j’ai effectué près de 2 ans de césure auprès de sociétés engagées pour l’environnement. De l’agriculture durable aux Philippines aux biomatériaux à Toulouse en passant par le zéro-déchets à Amsterdam, j’ai pu me sensibiliser au grand enjeu de ce siècle auprès de passionnés et de militants.

Il y a 4 ans, en entrant dans notre dernière année d’étude, je me suis posé la classique question de « et après ? A quoi vais-je dédier ma vie ? ».

Avec Stéphane, un ami d’école, on s’est rapidement rendu compte qu’on ne se voyait pas se dédier à autre chose qu’à une cause socialement et écologiquement positive …

Au même moment, mon grand-oncle André, agriculteur en Bretagne, terminait douloureusement son passage au bio par un échec et une revente de son exploitation.

En creusant le sujet, on s’est rendu compte avec Stéphane qu’il était très complexe financièrement pour un agriculteur de faire ce passage au bio, nommé « conversion biologique ».

Une aberration quand l’on voit les dégâts de l’agriculture conventionnelle sur les écosystèmes, la santé des consommateurs ou encore le réchauffement climatique.

C’est pour accompagner ces agriculteurs en transition que nous avons créé BioDemain en 2018 : une marque éthique qui les rémunère justement durant cette période complexe.

Nous proposons à chaque citoyen d’aider les agriculteurs à aller vers une agriculture plus durable grâce à des bons produits du quotidien. Je suis très fier que notre petite entreprise ait pu accompagner 150 producteurs en 2021.

Selon vous, quels sont les acteurs de l’agriculture de demain ?

Selon moi, ce ne sont pas les acteurs les plus visibles aujourd’hui : startups, grands-groupes, politiques…

Je suis convaincu que la « révolution agricole » va venir des citoyens qui, par leur consommation et leur mode de vie, vont permettre à l’autre bout de la chaîne, les agriculteurs, de s’engager de plus en plus vers une voie plus durable.

Nous avons trop longtemps attendu le monde politique, qui, on le sait aujourd’hui, ne bougera pas assez vite ; le monde économique, lui, ne bougera massivement que si le « marché » et « la demande » avance dans le bon sens.

Mon espoir pour une agriculture plus durable réside donc entièrement dans une prise de conscience généralisée de chaque citoyen.

A titre personnel, quelle initiative agricole souhaitez-vous nous partager ?

Sans parler d’une initiative en particulier, j’aimerais saluer toute la nouvelle générations d’agriculteurs (évidemment, sans oublier « l’ancienne génération » qui mène elle ses propres combats) qui fait le choix d’un mode de vie harassant et peu rémunérateur simplement pour nous nourrir d’une meilleure façon.

Merci à eux de s’engager pour notre futur !

Plus d’informations sur www.biodemain.fr