Paul Charlent
Paul Charlent

Paul Charlent, co-fondateur d’Alancienne et de la Ferme de l’Envol, pouvez-vous décrire votre parcours et votre entreprise ?

Originaire de Normandie et passionné de cuisine, mais toujours avec de bons produits, j’ai commencé à entrer en contact avec des producteurs locaux lorsque j’étais étudiant, pour me fournir directement auprès de ces derniers et consommer des produits frais obtenus via une agriculture agroécologique.

Le concept a été populaire parmi mes proches mais il me paraissait difficile à systématiser. C’est après avoir suivi une formation en ingénierie à Centrale Supélec et un passage à l’université de Berkeley aux États-Unis, que j’ai pu vivre l’expérience du fonctionnement de la vente de produits frais et sourcés en circuit court.

Je fonde ainsi avec mes associés, rencontrés outre-atlantique, Alancienne en 2016 et lance le service, d’abord depuis notre garage, pour Paris et sa banlieue proche.

Par ailleurs, je suis aussi co-fondateur de la Ferme de l’Envol qui est un laboratoire des techniques de l’agriculture écologique, et qui met en commun des ambitions et projets des acteurs de l’agroécologie.

Enfin, je m’investis dans l’avenir du secteur agricole en intervenant au campus agricole Hectar, ainsi qu’en figurant parmi les membres du jury de diplomations.

Selon vous, quels sont les acteurs de l’agriculture de demain ?

Selon moi, ce sont les agriculteurs avant tout. Plus particulièrement ceux qui s’impliquent dans l’agroécologie.

Le but d’Alancienne est de rémunérer le mieux possible les producteurs pour qu’ils puissent innover et tester des techniques agroécologiques. La recherche de l’autonomie d’une ferme est clé pour l’avenir et les techniques sont nombreuses : agroforesterie, agriculture de conservation, associations de culture…

Les agriculteurs qui arrivent à se passer des phytosanitaires, qui sont autonomes en eau, en semence, en matière organique, qui réduisent la mécanisation et optimisent la production de nourriture saine sont pour moi ceux qui auront le plus de résilience, de pérennité et c’est eux qu’on veut voir dans le monde de demain.

A titre personnel, quelle initiative agricole innovante souhaiteriez-vous nous partager ?

Pour moi, la clé de la réussite de l’agroécologie, ce sont les indicateurs.

Piloter l’avion sans en connaître l’altitude, c’est impossible. L’initiative la plus innovante aujourd’hui, ce sont les fermes qui pilotent l’avion avec toutes les données.

Remettre au cœur de la ferme les indicateurs de biodiversité, de gestion de l’eau, des sols, du carbone, de l’énergie mais aussi tous les indicateurs sociaux, c’est pour moi la plus grande innovation du moment.

On appelle ça la comptabilité multi-capitaux ou comptabilité intégrée. Elle est mise en place par des modèles comme CARE ou avec des systèmes de notation comme Ecofarms.

A partir du moment où on compte ce qui compte vraiment, on ne peut que chercher à redresser le nez de l’avion et tendre vers la durabilité. On essaye de la mettre en place chez nos agriculteurs partenaires et on la teste sur notre ferme : La ferme de l’envol.

Plus d’informations sur www.alancienne.co