Le label Bio Équitable en France, piloté majoritairement par des producteurs, contribue activement à relocaliser des filières. C’est le cas pour le tournesol dans le Sud-Ouest de la France et les fruits rouges dans les Monts du lyonnais.

La pénurie d’huile de tournesol actuelle nous rappelle les limites de la dépendance aux marchés internationaux. Le Label Bio Équitable en France propose une alternative : choisir des produits bio origine France.

BIO PLANÈTE est undes huiliers artisanaux adhérents à notre Label. Le tournesol provient du groupement Corab également adhérent à Bio Equitable en France, et l’huile de tournesol est vendue à la marque Biocoop.

Le groupement ETIC’MONTS BIO dans les Monts du lyonnais produit des petits fruits (groseilles, framboises, mûres…) cultivés en pleine terre et récoltés à la main. Les fruits récoltés sont ensuite transformés dans leur atelier de transformation en confiture ou en purée. La région était un bassin historique pour la production de fruits rouges en France, mais a souffert de la concurrence, notamment des pays d’Europe de l’Est.

Les confitures, purées de fruits et coulis labellisés Bio Équitable en France sont à retrouver dans les AMAP, magasins de producteurs, marchés locaux et magasins bio dans la Loire et le Rhône, et dans toute la France en grandes surfaces avec la marque Paysans d’ici – Ethiquable.

L’association Bio Equitable en France soutient 5.000 fermes paysannes fédérées en 34 groupements, 46 entreprises de la bio et compte 96 filières labellisées dans toute la France.

Lancé il y a seulement 2 ans en mai 2020, le label Bio Équitable en France poursuit son développement. Il représente déjà 17 % des ventes de produits équitables origine France.

Des méthodes culturales plus résilientes

Le contexte actuel (envolée des prix, de l’énergie et des coûts de production…) ne cesse de mettre à mal le monde agricole. L’agriculture bio paysanne offre cependant un modèle plus autonome et plus résilient.

Les rendements sont de plus en plus impactés par les aléas climatiques, notamment par la sécheresse qui s’annonce particulièrement forte cette année. La France compte déjà 15 départements touchés, dont le Maine-et-Loire et le Vaucluse, où le déficit pluviométrique s’élève à 70 %. En Charentes Maritimes, elle est annoncée comme faisant partie des 10 sécheresses les plus fortes depuis 1921. Avec le dérèglement climatique, on peut craindre la répétition de ces phénomènes extrêmes.

L’agriculture conventionnelle, étant très utilisatrice d’irrigation, subit de plein fouet ce phénomène. De plus, elle est très dépendante des apports en engrais chimiques. Les sols vidés de leur matière vivante ne sont plus que les réceptacles des intrants chimiques. Les semences utilisées sont elles aussi élaborées pour produire en utilisant en abondance ces intrants. Les conséquences cumulées de la guerre en Ukraine et de la sécheresse risquent d’être catastrophiques.

Déjà, le prix de l’ammonitrate a bondi en passant de 250€/t en décembre 2020 à près de 800€/t aujourd’hui, suivant ainsi l’augmentation du coût de l’énergie et notamment du gaz. Si la crise internationale se prolonge et que l’agriculture conventionnelle vient à manquer d’azote et de potasse chimiques importés de Russie, les rendements risquent de s’écrouler et les prix flamber.

Les producteurs en bio, n’utilisant pas d’engrais fossiles, ne sont pas impactés par ces hausses. Ils sont tout de même confrontés à une augmentation du prix des engrais organiques, à cause de la grippe aviaire (on est passé, pour une unité d’azote, d’un prix de 3€ en 2021 à 6€ actuellement). Cependant, ces augmentations sont incomparables avec les conséquences occasionnées par l’inflation du prix des intrants chimiques. En effet, les fermes en polyculture élevage produisent elles-mêmes une partie de leurs amendements et l’alimentation de leur bétail. Les deux activités sont complémentaires.

Qu’elle soit conventionnelle ou biologique, l’agriculture rencontre aujourd’hui de graves difficultés. Mais l’agriculture biologique à l’échelle paysanne est mieux préparée pour y faire face. D’abord parce qu’elle subit moins les conséquences des tensions internationales et de la spéculation. Et aussi parce qu’elle fait de la nature son alliée. En s’appuyant sur les techniques connues depuis des générations, elle innove en permanence.

C’est pourquoi, le label Bio Equitable en France labellise des filières composées de fermes paysannes pour les aider à maintenir un modèle moins productiviste et beaucoup plus résilient.

Paul Toty, éleveur du groupement LE PRE VERT, membre de l’association Bio Equitable en France témoigne : « On a pu embrayer sur une dynamique d’autonomie : diminuer la consommation d’énergie fossile par exemple. Et le commerce équitable apporte une belle bouffée d’oxygène au bio dans un contexte de consommation délicat ».

Une 1ère édition de la Journée du Patrimoine Agricole bio et équitable organisée le dimanche 15 mai 2022 partout en France

Dans le cadre de la Quinzaine du Commerce Équitable, le label Bio Équitable en France organise en partenariat avec les associations de consommateurs FAIR(e) et Bio Consom’acteurs et avec FORÉBIO la 1ère édition de la Journée du Patrimoine Agricole bio et équitable, le dimanche 15 mai 2022 partout en France afin de permettre une véritable rencontre entre citoyens et paysans. L’objectif : faire connaître les pratiques agricoles et commerciales bio et équitables !

Cet événement est également destiné à réaffirmer les valeurs de la bio en France pour favoriser un modèle agricole plus vertueux, pour l’humain, l’animal et l’environnement. Ce modèle d’agriculture permet de lutter contre le changement climatique. Il entraîne de réels changements favorables à l’environnement.

Au programme : visite de la ferme, découverte des productions et des techniques bio et équitables, jeux, cuisine, ateliers pour agir entre citoyens et agriculteurs.

Plus d’informations sur www.bio-equitable-en-france.fr